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Le travail c’est la santé ?

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Une enquête aux résultats inquiétants, parue le 27 novembre 2017 et réalisée par Stimulus (Observatoire du stress au travail) auprès de 30 000 salariés de tous secteurs, révèle qu’un quart des salariés français est en situation « d ’hyperstress », et ce, tous niveaux de responsabilité confondus. Les femmes semblent un peu plus touchées que les hommes, et le niveau de stress semble augmenter avec l’âge. Les facteurs de stress sont multiples, avec en tête les exigences liées au travail, les changements subis, le manque d’autonomie et de reconnaissance.
On est bien loin du temps où on étudiait le « niveau de stress optimal » qui permettait aux employés d’être motivés et performants. On aurait pu employer alors la métaphore bouddhique du réglage d’un instrument de musique à corde : pour produire le son optimal, la corde ne doit être ni trop lâche, ni trop tendue. L’hyperstress de définit comme un niveau de stress trop élevé induisant un risque pour la santé : la corde, trop tendue, peut casser.
Et cette situation touche également les dirigeants, en particulier dans les petites et moyennes entreprises, où le poids des responsabilités, la lourdeur des contraintes administratives, la concurrence de pays bénéficiant de coûts moins élevés et la complexité du droit du travail pèsent d’autant plus qu’ils sont vécus par « le patron » dans une grande solitude. Ainsi, selon une étude « parlonsrh » de 2016, 55% des chefs d’entreprise pensent que le stress est la cause de la dégradation de leur santé. A la clé, baisse de moral, anxiété, troubles du sommeil et sentiment d’isolement sont au rendez-vous.
Face à cet hyperstress, des comportements dangereux tendent à se développer. Ainsi, le recours aux produits à effet euphorisant ou addictifs légaux (tabac, alcool, médicaments) ou illégaux (drogues douces ou dures) devient fréquent pour répondre au stress, rester performant, s’adapter aux contraintes. C’est évidemment la mauvaise réponse, qui peut conduire à des conséquences encore plus lourdes pour la santé : accidents de travail ou de trajet, maladies graves, etc.
Face à l’ampleur du phénomène, les recommandations formulées aux entreprises et aux managers des « 8 règles d’or » pour lutter contre le stress des salariés ressemblent à un vœu pieux :
– Veiller à une bonne organisation
– Fixer des objectifs réalistes
– Améliorer l’environnement de travail
– Encourager l’autonomie
– Favoriser le dialogue
– Accorder le droit à la déconnexion
– Positiver
– Miser sur la prévention

La prévention des risques psychosociaux est de rigueur pour toute entreprise dont les dirigeants ont conscience de leur responsabilité sociale et humaine. Les outils et les offres de formation ne manquent pas, des plus classiques (formations liées au développement personnel, espaces dédiés à la détente) aux plus insolites (equicoaching, massages, expériences extrêmes de cohésion d’équipe).
Pourquoi, alors qu’on n’a jamais autant parlé dans l’entreprise de prévention des risques psychosociaux, de « feel good factor », de coaching ou de séances de relaxation en tous genre, fait-on face à une montée inexorable du niveau de stress ?

La réponse est sans doute à mettre en perspective avec l’évolution du monde du travail d’une façon générale. Les modes de consommation et les évolutions technologiques nous ont projetés dans un univers que nous ne maîtrisons pas. La montée du numérique, de l’intelligence artificielle, du Big Data ou du blockchain révolutionnent notre environnement : des métiers nouveaux apparaissent, d’autres sont menacés de disparition. Les modes de consommation évoluent : le consommateur veut du service personnalisé et instantané, les prestataires doivent s’adapter à des demandes en rupture avec notre vision culturelle de l’emploi. Le sacro-saint CDI ne sera sans doute plus la référence de demain, les horaires fixes non plus… Nos enfants seront peut-être « free-lance » ou cumuleront plusieurs contrats de travail précaires aux horaires flexibles. Et la transition est nécessairement anxiogène. Les législations, les habitudes, le monde éducatif, sont en retard sur les évolutions de notre environnement.
Alors le stress gagne du terrain. Au-delà des efforts de formation ou d’accompagnement mis en place par les entreprises, les individus eux-mêmes doivent veiller à ce que leur niveau de stress ne dépasse pas les seuils d’alerte. Chacun d’entre nous doit rester à l’écoute si son corps lance des signaux d’alerte. Et de façon préventive, nous devons veiller à préserver notre bien-être, être attentifs à nos moments d’angoisse, à la qualité de notre sommeil, et cultiver ce qui nous fait du bien… De nombreuses aides existent pour apprendre à gérer la pression : savoir se détendre, respirer, veiller à l’ergonomie de notre poste de travail, faire une pause… Cultivez l’endroit secret où vous ressourcer, chantez, rencontrez votre animal fétiche… A chacun de nous de trouver ce qui nous fait vraiment du bien !
Témoignages et expériences sont les bienvenus sur ce blog !

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