Accueil Le billet de Mistik et Chanel Les mots ne nous abattront pas…

Les mots ne nous abattront pas…

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Chanel n’est pas dans un bon jour, et son billet est de mauvaise humeur. Contre le harcèlement qui blesse et qui isole, contre les mots trop facilement crachés sur les réseaux sociaux…

Ce matin, je me suis promenée comme souvent sur un joli sentier pas très loin d’un lycée. Un groupe d’élèves s’y retrouvent pour fumer des cigarettes, ou autre chose. Aujourd’hui ils étaient assez nombreux.

Quand je me suis approchée avec enthousiasme (on ne sait jamais, ils ont peut-être laissé tomber quelque chose qui se mange…), l’un d’entre eux a crié : « Oh regardez, il ressemble à rien ce chien ! », et tous les autres ont rigolé…

Alors moi, je vous le dis tout de suite, ça ne m’a pas dérangée. Tant qu’ils ne crient pas ou ne sont pas agressifs, « Il ressemble à rien ce chien » et « Il est joli ce chien », ça sonne à peu près pareil, même si l’intonation est un peu différente. Mais j’ai bien vu que l’humaine qui m’accompagnait n’était pas contente… Elle a commencé à discuter avec eux, puis elle a laissé tomber et on est rentrées à la maison plus vite que d’habitude.

Ben oui, je sors d’on ne sait où, ma race est indéterminée, je n’ai rien d’aristocratique, je ne suis pas inscrite au L.O.F. So what ?

J’ai cru comprendre que mon humaine avait vécu quelque chose comme ça, dans une école privée un peu chic où elle faisait tache, avec ses grosses lunettes et ses tenues sans style, son adresse en banlieue et ses parents qui ne gagnaient pas beaucoup d’argent. A l’époque le « Il ressemble à rien ce chien » version collège se traduisait en caricatures sur le tableau noir lorsqu’on rentrait en classe. Ça faisait rire l’assemblée…

Mais je crois que si elle était en colère, c’est surtout parce que l’histoire, sans cesse, se répète…

Aujourd’hui c’est tellement facile de traiter une camarade de classe de « p* » sur Instagram ou Snapchat et d’entraîner toute la classe avec soi. C’est gratuit et ça fait rire les copains. C’est chouette de rire des timides, ou de ceux qui ont des lunettes, ou des bagues sur les dents, ou quelques kilos en trop ou même rien de spécial si ce n’est que, c’est décidé, lui ou elle on ne l’aime pas alors on l’a choisi(e) comme tête de Turc. C’est facile et c’est lâche, c’est désolant, mais bon, c’est populaire !

Moi, je suis juste un chien, et ces choses là ne m’atteignent pas.

Et si je vois quelqu’un que j’aime pleurer, je lèche les larmes sur ses joues et j’essaie de lui dire que les mots ne sont que des mots, et qu’ils ne nous abattront pas.

Le harcèlement isole

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